Fragile existence ////2

Première partie ici

La journée d’Alison furtivement s’écoula entre la commande des faire-parts à l’imprimeur, la réservation de la salle et du traiteur, le déjeuner avec Ashley, son amie d’enfance, le rire aux souvenirs d’adolescence, son emploi de comptable au cabinet Barsons.
Lasse et nerveuse, elle rejoint sur le phrasé aérien d’Helen Merrill et les variations mélancoliques de Katie Melua, l’appartement, en traversant le crépuscule embrumé qui enveloppe Regent’s Park d’un enchantement.
Deux tasses de Lapsang Souchong plus tard, c’est captive de Morphée, que Clifford la retrouve. Alanguie sur la méridienne dans un chemisier d’organdi blanc aux dentelles dandy, une veste de velours rouge, un pantalon masculin noir, les cheveux défaits, calme, les traits détendus mais affreusement pale au point qu’une angoisse lui traverse soudain l’esprit. Il se précipite vers elle, constate soulagé qu’elle respire, s’éloigne et heurte malencontreusement la table basse.

– Bonsoir dit-elle d’une voix encore ensommeillée, bonne journée ?
– Bonne. Et toi ?
– Ah oui ? raconte moi.
– Tu ne devineras jamais qui j’ai rencontré ?
– Non ! Alors autant me le dire, je ne suis pas d’humeur aux devinettes !
– Euh… James, tu te souviens ? Un lointain cousin du Hampshire. Il est vraiment incroyable ! Il m’a fait rire pendant une heure en me racontant la vente de son appartement, son changement d’entreprise et sa procédure de divorce.
– Il divorce d’avec Barbara ? Et tu trouves cela drôle ?! Certaines fois, je me demande si…
– Si ?
– Non, rien, rien… !

Elle se leva, partit dans la chambre et referma la porte, qu’elle ouvrit quelques secondes plus tard pour en chasser Cléo, la scottish.

– bon, ma pauvre Cléo, je crois que nous allons dîner en tête à tête ce soir !
Voilà que je discute avec une chienne, moi, maintenant…

13 Octobre 2006

Dans un cri, Alison se réveille, oppressée.
Elle se lève, court ouvrir la fenêtre du salon, pour respirer l’air de la nuit, et essayer de se rassurer comme lors de ses cauchemars d’enfant en devinant les arbres masqués par le brouillard et guettant le bruit lointain et sourd de la ville. Pour rompre ce silence inquiétant, elle allume BBC 2 et bien qu’essayant de s’intéresser au programme, regarde l’écran sans le voir.
Dans son esprit, tout se télescope, les évènements de l’enfance, de l’adolescence, du jour, plus souvent tristes que plaisants. Puis soudain, plus rien.

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