Labyéreinté 3

 

Au bout de ce long couloir, sur sa gauche, une porte borgne et muette laissait passer des éclats de voix et un rai de lumière bleue. En poussant la porte -qui ne protesta pas-, il découvrit une longue file de dos féminins debout. Et soudain, de ce chapelet humain, jaillit un livre violemment jeté en l’air –qui ne s’insurgea pas davantage que la porte. Mais qui pouvait avoir commis un tel sacrilège pensa-t-il. Il eut la réponse en changeant d’axe (comme souvent) : une jeune femme. Face à elle,  un homme jeune, attentif, nerveux, inquiet et assis, les mains posées sur une table et tripotant un stylo à encre para-sympa-antipathique. Il ne put voir les expressions du visage féminin. Seulement entendre leur échange apparemment houleux. Afin de ne pas perdre une miette de cette querelle, il s’approcha le plus près possible sans toutefois éveiller l’attention.

 

–   Encore une de tes tactiques ?

–   De quoi parles-tu ?

–   Tu le sais très bien !

–   Tu me prêtes trop de desseins.

–   Je ne te prête rien. A la rigueur, je te le vends.

–   Te mettre en colère m’amuse.

–   En colère ? Comme toi, tu veux dire ?

–   Foutaises ! Je suis calme !

–   Bien sûr… Alors, rassuré ?

–   Rassuré ? À quel sujet ?

–   Alors ? Tu ne réponds pas ?

–   Non. La parole est d’argent et le silence est d’or. Tu es un partisan, je crois ? Remarque, sur ce point, je ne t’égalerai jamais. Quoique….

–   Tu te défiles ?

–   Tiens, provoc’ ? Encore ?! Comme page quatre-vingt sept ?

–   Quoi ?!

–   J’adore quand tu prends ton air innocent. Voyons, pas à moi ! Tu sais très bien de quoi je parle. Alors ? L’image du four et de la crémation,  provocation ? Ou hommage à ta manière ? Ah, au fait, tu n’as pas oublié mes origines juives ? A moins que ce ne soit ta génétique qui parle, Klaus…

–   Un chat avec des moufles n’attrape pas de souris…

–   Vraiment ? Bien équipé comme ça…  j’aurai cru pourtant. Bah, conseille-lui les pièges aux Big Macs, alors. Plus d’efforts. Il les ramassera empoisonnées. Ou obèses. Sinon, tu vas me faire tout le bestiaire ? Gagnons du temps, dans ce cas : L’écurie use plus le cheval que la course. Et, qui se fait brebis, le loup le mange. Voilà, trois de plus. Et une précision : plus pouliche que brebis,  sur ce coup là. Ça te surprend ? Et je te dispense de tout commentaire…

–   Chaque luciole éclaire pour elle-même.

–   Oh ! Quel égoïsme ! Elles te battent là, non ?

–   Il n’y a pas de méchant lièvre, ni de petit loup.

–   Tu es sûr ? Tu as fait un recensement récent ? Car c’est comme ça qu’on colporte des idées reçues, des poncifs et des truismes. Et peut-être même bien des truies…

 

 

 

A suivre… Mais, plus tard.

 

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