Ah, si seulement…

Vous avez vu Nicolas Sarkozy faisant du parachute ? Martine Aubry en tenue de plongée ? La nouvelle tenue de scène posture de Ségolène Royal ? Barack Obama faisant des photos de comm’ du sport ? Non ? Rassurez-vous. Ce n’est pas non plus ici que vous les verrez.

 

Sous la brise douce d’un après-midi dominical, les bourgeons s’installaient à l’extrémité des branches en catimini (voire en catimaxi. Et même en catamaran pour les plus aventuriers d’entre eux). Au loin, les voitures luisaient dans les rues, les enfants piaillaient dans les arbres, le soleil vrombissait derrière les nuages et les moineaux tentaient de perdre leurs dents de lait sur les portiques du jardin public. Bref… Un moment idyllique dans un monde idyllique où chaque humain avait le cœur pur et l’innocence chevillée à l’âme par une bobinette. Et où chaque instant n’était que pur bonheur, témoignages d’amour, d’altruisme, de générosité, de grandeur d’âme et de charentaises. Comment ça, ça n’existe pas ?!

 

 

Assis sur un banc, un chien lisait un journal écrit, comme une multitude, par les valets de la comm’ politique et du capitalisme. De temps à autre, il levait des yeux parfaitement inexpressifs pour siffler son maître qui gambadait ingambe à toutes gambettes au ras des pâquerettes. Mais celui-ci restait totalement imperméable (masse-tics) à l’impératif rappel. Alors, finalement, dans un soupir dépité, le chien donna des oiseaux aux miettes et reprit sa lecture.

 

Mais il en fut rapidement tiré par Charlotte Corday  qui vendait à la cantonade (et aux autres, aussi) des pâtisseries portées par Diogène le Cynique sans son tonneau (« l’abus de Cyniques est dangereux pour les tonneaux« ). Conformément aux recommandations du ministère de la santé, il ne lui acheta rien. Pas de repas entre les sucres, bien sûr.

 

 

 

 

Il avait lu deux lignes de plus quand débuta une étrange procession. Des enfants vinrent le convaincre des mérites d’une bouteille de lait et de trucs en  plastiques orange qu’ils appelaient abusivement saucisses cocktails. Une voix suave lui vanta l’ineffable plaisir de conduire la plus belle voiture du monde et des galaxies extra-terrestres dont il ne vit pas bien ce qui la différenciait des autres. Une femme lui montra, sous tous les angles, ses cils de 482 m de long gainés par le nouveau mascara recourbant-volumisant-séparateur-allongeant-effet-faux-cils aux polymères de pétrole protéines de soie le plus prodigieux que la terre ait porté depuis la création de…Bref, jusqu’au prochain mascara du même fabricant. Puis, dans la catégorie « nouvelle du siècle », une lessive qui rendait le linge plus lumineux qu’un éclairage de stade. Quand on glorifia l’incontestable avancée pour l’humanité et la gastronomie que représentaient des pâtes réchauffables dans leur emballage plastique au micro-onde, il craqua. Complètement. Excédé, furibond, courroucé, il se leva, jeta le journal en hurlant en direction de son maître : dépêche-toi ! J’en ai marre, j’veux rentrer ! Et c’est toi qu’a la laisse.

 

 

 

NB :  Et dire que je n’ai même pas besoin d’avoir recours aux paradis artificiels pour écrire des trucs comme ça. Juste une bonne déprime suffit. Sûre qu’ils mettent des trucs bizarres dans les mouchoirs en papier.

 

Source ici de ces photos du si joli jardin public de Honfleur (plus beau encore que ces clichés le montrent. Croyez-moi)

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