Vol so far.

Sur une plage de béton en plumes, une machine à écrire, seule, pleurait. Sans savoir pourquoi. Alors, elle décida d’aller nager dans une mer humaine, foule compacte d’au moins une personne.

 

 

Quand elle revint dégoulinante de sécheresse, elle sut que la fréquentation d’humains pouvait présenter des risques pour la santé en cas d’abus, surtout quand n’on en consommait que cinq par jour en faisant de l’exercice et à côté d’une alimentation équilibrée et végétarienne. Mais réfléchir lui donnait mal aux touches. Donc, elle cessa continuellement. Jusqu’à ce qu’une de ses touches s’enfonça et imprima sur le papier à musique :

 

– Il est triste à en rire à gorge déployée

– L

– Son cœur est plus vide que du plomb

– M

– Plus sensible qu’une corde à piano édentée

– Z

– Qui est-ce-t-il-pas ?

– E

– No sé

– #

– Mais enquête sans chercher

– ¨

– Et mes pleurs souriants les touches-tu profondément ?

– &

– Égoïste qui ne pense qu’aux autres, va !

– F

– Alors, lui… évidemment,

– 8

– Comme moi, désespérément esseulé en compagnie.

– /

– [

– Note bien. Mais mal. Et n’oublie tout.

– =

– C’est mon histoire rêvée d’une cruelle authenticité.

– *

– Pourquoi es-tu partie sans bouger ? Go to Hell ! Avec moi, en El Paraíso

– D

– À moi aussi, tu as brisé l’âme en un bloc indivisiblement uni.

– = – – + – = +x 1100

– Pardon. J’ai frappé une fautessss. Innocentessss, en plus.

– J

– Tu ne réponds toujours à mes non-questions ?

– !!!!!!

– Alors….

– ….

– Signé : Mémoires d’un phare à la dérive immobile.

 

 

Et le phare cessa de caresser les touches de la machine à écrire de ses doigts de lumière noire. Écrasa une larme de sel rigide qui resta suspendue. Et…

 

Alors, elle s’arracha les feuilles de papier sulfurisé sur lesquels ses mots figuraient. Honteux, fiers, inconsolables, déséchoués et surtout muettement volubiles. Des mots typiquement originaux. Comme toujours un phare n’en adresse jamais à une machine à écrire.

 

Puis, chapeautée, elle souffla une bulle de savon dans laquelle elle s’enveloppa et en remonta le col universel. Et, les touches remplies d’étoiles de fusée, s’envola haut. Encore, plus haut. Non, je vous dirais d’arrêter. Stop ! Nous y sommes. Et s’épingla sur un nuage dauphin. À perpétuité.

 

©V.T. 01/05/10

 

 

Voilà. Je verrai dans quelques jours, après relecture, si je modifie ou pas. Pour le principe, c’est à peu près le même que pour Insi(pi)de (cliquez ici. Ou sur page précédente). Donc, pour les explications, voir les commentaires sous mon texte précédent.


J’adore Robin McKelle. Et je la remercie d’exister aussi talentueusement. Pour la musique, vous aurez compris que ce sont les deux titres en gras.

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