Et la brume marcha sur son paillasson…

Lui : Et mes cheveux ?

Lui : Et mes bras ?

Lui : Et mon visage ?

Lui : Ma bouche ? Mes yeux ? Mon nez ? Mes oreilles ?

Lui : Tu ne me l’as jamais dit.

Lui : Pourquoi as-tu changé ? Pourquoi est-ce ainsi entre nous ? Le sais-tu ? Pourquoi ça a chaviré ?

Lui : Des reproches, des critiques mais jamais rien d’autre. Hormis pour les autres… Et à la tonne, là. Pourquoi, hein ? Je veux savoir !

Lui : Tu ne me pardonneras donc jamais ?

Lui : Crois-tu que je fasse souffrir les êtres par pur plaisir ? Non. D’ailleurs, c’est pour ça que je le fais si souvent… C’était ce qu’il y avait de mieux pour toi. Tu ne me crois pas ? Mais quand me referas-tu enfin confiance ?!

Lui : Tu m’écoutes ?! Ou tu t’en fous encore, pour changer ?!

Lui : Le silence est plat comme un caribou. Et puis, on ne va pas beaucoup avancer si tu ne dis rien. Je ne te demande pas grand-chose. Juste d’acquiescer à tout ce que je dis et t’ordonne. Reconnais que c’est peu.

Lui : Tu vois toujours… Euh… Comment s’appelle-t-il déjà ?

Lui : Pas de réponse… Même de ça, tu ne veux pas me parler…

Lui : Comprends-tu que, sans amour, les jours ne sont plus qu’une longue nuit d’hiver ?

 

Il enfonça ses doigts dans ses cheveux et serra ses tempes, terriblement. Contre-plongée élargissant sur Lui, dans une pièce totalement vide et hermétiquement close. Pendant toute la scène, il s’est déplacé fébrilement de long en large.

 

 

Il referma le manuscrit.

– J’accepte le rôle. Quand aura lieu le tournage ?

– Vous passerez des essais avant. Comme n’importe quel autre acteur. Désolé, mais La Fox l’exige aussi.

– La Twentieth Century Fox ?

– Non. Lavinia Fox, la réalisatrice.

 

Assis, il prit le scénario pour apprendre ses répliques. Il le feuilleta sans pouvoir lire une ligne. Et déchira quelques feuilles, en les tournant nerveusement. Toutes les pages étaient noires. Exceptée, la dernière. Au centre : Rosebud.

 

Le livret s’écrasa brutalement au sol. Précipitamment, il ouvrit la porte de son appartement pour sortir. Et le brouillard entra.

 

© V.T.

 

 

 

The Two – I wanna be with you again.

 

Les premières lignes (en italique) sont extraites du Mépris de Godard. Godard, sur lequel je ne ferais aucun commentaire pour ne pas me fâcher avec SON admirateur. Mais non, je n’ai pas dit que tu étais le seul. Il doit bien en exister un deuxième… quelque-part. Probablement…

 

D’ailleurs, si j’avais une once de masochisme, j’aimerais les films de Godard. Peut-être. Ou pas.

 

Ah. Et si vous pouvez lire cette note, c’est que la programmation automatique n’est pas gréviste…

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