Rémiz Penduline.

 

Depuis quelques semaines, je n’ai pas envie d’écrire. Alors, je me suis forcée pour éviter que cela devienne permanent. Et vous savez quoi ? Eh bien, je ne suis pas du tout satisfaite de mon texte. Sans compter que ce choix de sujet était une erreur. Bref…

 

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Précairement installés sur une frêle branche, deux Rémiz Penduline discutaient.  La brise soufflait un air léger et caressant qui, par instants,  soulevait leurs plumes effrontément  et dispersait leurs paroles aux quatre coins du bocage qui, pourtant, en était dépourvu.  De loin, cette scène champêtre paraissait mignonne et un poil nunuche. Nonobstant, la situation était presque houleuse.  Ou, du moins, n’allait pas tarder à le devenir.

Le regard ricochant de brèches en feuilles, de rivières en bosquets, la Rémiz Penduline écoutait  distraitement  des paroles qui s’égrenaient librement  quand, soudain, un terme retint son attention.

– La domination est partout. Des plantes sur l’herbe. Des arbustes sur les plantes. Des arbres sur les arbustes.

– Euh…

–  Pourquoi l’herbe doit-elle  vivre dans l’ombre des plantes qui la spolient de sa nourriture : le soleil ? Idem pour les plantes spoliées par les arbustes, les arbustes spoliés par les arbres.  Nous n’avons pas non plus  à subir la domination de la pluie, du vent, de la grêle, du froid, de la chaleur.  Nous n’avons pas à subir cette domination qui nous impose ce que nous refusons. Et les abeilles qui exploitent les plantes et les appauvrissent, n’est-ce pas dégueulasse et révoltant ?

– Tu n’es pas sérieux, là ?

– Bien sûr que si ! Et le soleil  qui nous impose les durées diurnes et, par conséquent, nocturnes.Je ne vois pas de quel droit il nous assujettit à un rythme que l’on n’a pas choisi, qu’il décide à notre place.

– Mais il ne nous impose rien.  Je crois que c’est plutôt la Terre qui tourne sur elle-même.

– Tss. Tss. J’ai lu le contraire dans plusieurs livres de Hyène. Il confirme mon constat : la domination et l’exploitation sont partout et dans tout. Rien n’y échappe. Raisons pour lesquelles nous devons lutter pour imposer une société juste, libre et égalitaire. Et, par ta passivité, tu cautionnes aveuglément tous ces crimes.

– Hyène ?

– Celui qui va nous libérer de ce système de dominations  et abolir l’exploitation dont tu n’as visiblement pas conscience. Nous serons enfin tous égaux. Nous serons tous l’égal du Soleil, de la Terre, de l’herbe, des plantes, des arbres, des herbivores, des carnivores. Tous égaux.

–  Mon pauvre Rémiz…

 

 

Sexton – Shadows of the ghost. (2012)

 

Un Rémiz Penduline

Un Rémiz Penduline

 

 

 

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