Déglinguée ? -2-

 

Comme promis, suite de ceci.

 

Encore et encore, la même scène se répéta. Poussant de la tête les aiguilles du temps, les minutes se firent si nombreuses qu’elles se transformèrent en petites éternités mais E finit par venir.  Et U resta silencieux sans gâchette.

Matrix of Love - Vladimir Kush

Matrix of Love – Vladimir Kush

O lavait sa conscience avec des litres de lessive. Mais il restait des tâches de regrets et de méchanceté. Nonobstant, il continuait d’espérer que I lui pardonnerait un jour. Ou une nuit.

Les heures filaient sans pêcher. Et s’empêcher de filer ne parvenaient.  Mordillant les doigts des arbres, le soleil brillait par son éclatante présence mutique, affalé sur des nuages moelleux au glissement majestueux.  Des cerises dans les cheveux, l’air se parfumait au seringat capiteux pour mieux s’annoncer à l’avance. L’été dans tout ce qu’il a de somptueux en somme.

A dessinait les robes qu’elle aurait aimé porter et des pays sans barreaux.  Parfois, à force d’esquisses,  elle arrivait à scier les barreaux qu’elle avait dans la tête.

 

(Comes love ! )

 

Depuis qu’Y avait pris le pouvoir, personne n’avait revu G, M, B, S et W. Leurs disparitions inexpliquées hantaient toujours O, A et E.  Mais leurs discussions n’aboutissaient jamais sur un début de piste, ni sur l’apaisement de leur âme.

Les rumeurs qui erraient aux portes de la ville, les babines retroussées et les yeux luisant de malice hyèniforme, portaient-elles les explications ? Remplis d’espoir, O, A et E avaient décidé de les écouter hurler  à la lueur d’une nuit vide.

A pas feutrés, la nuit approcha en ondulant au milieu des herbes folles pas encore à l’asile.  Alors, sur un air de secret, les rumeurs révélèrent que toutes les consonnes étaient en camp de rééducation jusqu’à  ce qu’elles deviennent des voyelles comme les autres.

 

 

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9 réponses à “Déglinguée ? -2-

  1. J’ai passé du temps à contempler ce tableau au travers de mon écran, il est magnifique. Je te souhaite une très belle fin de semaine Virginie.

  2. Bonjour,
    D’accord avec Thera. Fasciné par ce tableau. L’étrangeté naît du banal. J’ai une boule à la gorge. Les consonnes en camp. Comme quoi les voyelles sont bien des épouses de voyous.
    On peut se demander pourquoi, dans les langues indo….. les consonnes surpassent en nombre les voyelles.
    Le gravatar qu’on m’a imposé n’est pas extra.

    • Bonsoir Mic,

      Contrarié par les camps de rééducation ? Je comprends. Pourtant, pour une fois j’ai voulu traiter ce thème (http://wp.me/p2lnZm-3H) sur un mode plus léger. Mais je suppose que ce n’était pas ce dénouement que tu espérais.

      Effectivement, la question que tu poses est intéressante mais je ne sais pas pourquoi les consonnes sont trois fois plus nombreuses. D’un autre côté si c’est pour favoriser voyous et voyelles, mieux vaut peut-être qu’elles soient minoritaires.

      Et alors, tu ne m’as toujours pas dit quelle est la symbolique des ciseaux chez Mishima.

      Pour ton avatar, il est généré automatiquement mais tu peux ouvrir un profil WordPress et le remplacer par l’image de ton choix.

  3. Dans ce tableau de Kush, il y a encore des ciseaux. Sur le site N-Obs,il y a des femmes qui photographient souvent des portes. Il va falloir s’intéresser à tout cela. sans faire de la psychanalyse à 2 euros. »La musique » de Mishima ? Une femme n’a jamais connu l’orgasme (la musique). Un livre assez pervers, sachant que l’auteur n’était pas porté sur l’autre sexe. Si je retrouve le livre, dans mon b.rdel, je noterai l’édition, les pages…
    Merci pour Robin.
    J’ai une idée de gravatar.. Tirée du film « Orange mécanique ». Film contre la violence d’Etat. J’ai peur que ça soit mal interprété.
    Merci d’avoir répondu.

  4. Retrouvé le livre. Folio page 83. Les ciseaux représentent non pas le symbole phallique.,mais l’image qu’elle en a(Reiko), parce qu’elle pourrait la déstabiliser. Elle coupe non pas chez lui, mais chez elle. C’est du moins ce que j’ai compris. Quel rapport avec vous ? Qu’avez-vous à couper ? Les ciseaux, cà n’est pas anodin. 2 fois à la suite. Je cherche, comme les portes chez d’autres.
    J’ai cru, en entrant chez vous, pénétrer dans une société secrète. Attention je n’ai pas dit une secte. Mais une société où l’en entre par cooptation.
    Fasciné comme Théra par ce tableau où tout va par deux, sauf…le coquillage et la plante dans le bocal.
    Je suis, comme Arthur, à la recherche du Lieu et de la Formule.
    « Scier les barreaux…. ». Tu y es. Presque.

    • Une société secrète ? Hahaha. Bien sûr que non et nul besoin d’être coopté, je crois que c’est évident. Mais comme le sous-titre de mon blog le définit : un monde étrange de création.

      Je ne sais pas exactement ce que Kush voulait exprimer avec les ciseaux. Même si je peux, bien sûr, y voir plusieurs interprétations. Mais il n’est pas sûr que j’analyse bien. Par exemple, j’aurais tendance à penser que Mishima ne parle pas d’une femme mais de lui et son rapport à l’homosexualité. Mais vu que je ne l’ai pas lu…

      Lorsque l’on interprète une oeuvre, on ne sait jamais précisément ce qui relève de la volonté de l’artiste, de son inconscient ou de l’inconscient de qui l’interprète. Et si, finalement, ce n’est pas l’individu qui l’interprète qu’elle révèle le plus…

      Une oeuvre est-elle plutôt un autoportrait ou un miroir ?

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