Ecrire.

Sentir l’envie de créer battre dans ses veines, ses neurones, son coeur.  Imaginer.  Choisir l’une des idées. La développer. Différer jusqu’au moment possible et perdre un peu, en route, l’étincelle. Vouloir noircir la feuille blanche virtuelle en vain combat contre le néant. Se lancer comme on se jette à l’eau. Hésiter. Réfléchir. Hélas. Se décourager. Penser que tous les thèmes majeurs ont déjà été traités, sous tous les angles possibles, que tout  a déjà été écrit. Et mieux.. Enfin, pas toujours…

Apercevoir le spleen qui pointe sa sale gueule et tente de vous jeter à terre. Abandonner. Repartir l’âme lourde vers d’autres ports. Et dans un sursaut de colère, refuser d’abandonner. Chasser d’un sourire tous les « à quoi bon » qui tournent dans sa tête. Se baigner dans une musique chavirant sans cesse entre mélancolie et fougue, passion et désespoir, vie et mort.  Une musique qui vous enslave et vous embrase l’âme. Sentir bouillir le sang de ses tempes, ses doigts fourmiller et écrire.

Écrire en balançant tous les freins, les craintes, les attentes par dessus bord.  Écrire mais pas pour transmettre, communiquer ou expliquer. Écrire pour scier les chaines restantes que l’on n’a pas encore pu briser. Écrire pour s’affranchir. Écrire pour ouvrir les portes d’un nouveau monde, imparfait mais sur-mesures et que l’on ne subit pas. Écrire comme une quête existentielle, une quête des autres et, donc, de soi, jusque dans les tréfonds de la noirceur, la bassesse, la médiocrité humaines.

Écrire en se moquant que ce soit un exhibitionnisme en manteau de miroirs. Écrire comme une guerre perdue déclarée à l’absurdité de nos existences de condamnés à mort à la naissance à la période de détention plus ou moins longue. Écrire pour tenter d’oublier que la vie n’a pas de sens même lorsque l’on se leurre en croyant lui en avoir donné un.  Écrire pour figer un peu de ce temps qui fuit. Écrire pour que l’écume devienne encre, phrases et histoires. Écrire comme on relativisait enfant, à l’aune des étoiles, l’importance de ses problèmes et malheurs, de ses victoires et échecs. Écrire comme on crochète les portes de l’imaginaire et conquérir des espaces de liberté vitale moins atrophiés. Écrire pour conserver vivante la flamme. Écrire comme un cheminement, un pèlerinage, une errance, un abandon, une conquête.

Écrire pour toutes ces raisons et pour toutes les autres.

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11 réponses à “Ecrire.

  1. Merci pour ce joli billet Virginie. C’est vraiment un saut important à faire mais toujours facile comme tu le dis si bien. Oser taire tous ces  » ça sert à quoi », braver cette grande tentation de laisser tomber soit disant:  » beaucoup en ont parler déjà », faire le sauter pour écrire. Ce saut il faut le faire, car c’est apporter sa propre vision, sa propre conception, puisque chaque vision, chaque point de vue est unique et original et la beauté de ce que nous écrivons, je le crois, viens du cette que nous sommes chacun unique et cette unicité fonde notre originalité, même en tâtonnant puisque  » écrire c’est bien un cheminement »

    Merci Virginie, le billet est intéressant.

    • Merci Joseph de la gentillesse et de l’intelligence de tes remarques. Je ne peux qu’acquiescer aux arguments que tu exposes. J’espère que ma vision -parfois un peu pessimiste- de la vie ne t’a pas affecté.

  2. J AI BIEN AIME LA SUITE et les conclusions.
    Donner un sens a sa vie existe s il s agit du sens de l animal que nous restons toujours ( =reproduction ) !
    grosses bises !

  3. Dans ce billet, je vois de l’optimisme , de la confiance Virginie. Le refus de laisser tomber, de se laisser décourager par les pensées négatives pour partager, à travers l’écriture, la vérité que nous souffle cette petite voie intérieure qui est là tout au fond de nous, qui nous illumine et accompagne dans notre cheminement.

    Très belle journée Virginie

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